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William Z. Villain

Mardi 30 mai 2017. J’arrive en retard, essoufflée d’avoir monté quatre à quatre les deux étages pour accéder à la salle de l’Aéronef de Lille.
Le premier concert se termine, c’est la fameuse pause bière-clope. J’en profite pour me glisser dans la foule bruyante et la suis pour regagner la petite salle de concert plongée dans le noir. Les spots éclairent alors la scène et un drôle de bonhomme mal coiffé règle les balances tout seul. La foule attend, moi avec. Le bonhomme s’assoit, un clavier sur ses genoux et des percussions à portée de main. Surprise, je lève un peu les yeux et fixe son bras gauche, plâtré. Peu habituel, comme situation pour un artiste guitariste. Un murmure semble transpercer le brouhaha et un doux air envoûtant résonne. Alors le silence se fait parmi les spectateurs. William nous salue, nous fait rire de son petit accent et reprend. La musique emplit toute la salle, monte de plus en plus. Je ne suis pas sûre de ce que j’écoute : du rock indé, un peu de pop psyché perchée. Sa voix oscille entre les graves et les aigus avec une aisance déconcertante, parfois à peine audible ou bien criante, suppliante. Son visage exprime ce que le reste ne dit pas. Plus il joue, plus il semble être ailleurs et m’emporte avec lui, les yeux fermés.

Il nous parle d’amour, de vie, de nostalgie comme de musique. On l’écoute comme l’on contemple une sculpture de Camille Claudel, tantôt un sourire au coin des lèvres tantôt les larmes au bord des cils. Les titres s’enchaînent sans qu’on s’en aperçoive, comme une complainte mystique. William s’arrête ensuite, se lève pour aller s’empêtrer les pieds dans les fils de ses amplis et nous fait rire encore avant de nous annoncer sa dernière chanson. Il tire profit du silence, le fait durer un peu avant de pousser sa voix brisée une dernière fois. Il nous offre une dernière note aiguë et longue, douce et dure, sombre et résonnante. Après un chaleureux signe de main, il disparaît comme il est venu : sans qu’on le voie vraiment. Le brouhaha ne tarde que peu à reprendre. Alors que je m’apprête à refaire une « pause bière-clope », je reconnais le drôle de petit bonhomme mal coiffé debout dans un coin de la salle obscure, quelques uns de ses CD’s posés devant lui sur un pupitre. J’hésite puis me lance. On échange quelques phrases maladroites et rions, sa voix chante encore. Après ces quelques mois passés, je n’oublie pas le concert de cet artiste dont je ne connaissais qu’une chanson. J’ai mis un moment à aller écouter son album « William Z Villain » sorti début 2017, de peur d’être déçue du format. J’ai eu tort, ce fut une jolie découverte dont je ne me lasse pas.

William Z Villain, allias Benjamin Bill from Wisconsin. Lui comme sa musique, sont un peu des ovnis à mes yeux, inclassables. Méritant d’être connu davantage, plongez-vous sans a priori dans cet univers fragile et foisonnant. Si vous pouvez avoir la chance d’aller le vivre, foncez, vraiment. Je vais de mon côté prendre mon mal en patience et attendre de pouvoir le voir avec le bras valide et sa guitare !

Album disponible sur les plateformes habituelles.

Rédacteur: Lorelaï


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