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Rainbow Shadow vol 2 – Reggie Washington

Vendredi dernier à Ixelles (BE), j’ai eu la chance d’assister au concert de Reggie Washington, qui se déroulait au théâtre Marni. Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre : j’avais à vrai dire accepté la proposition d’un ami, grand amateur de Jazz, et y étais allée sans trop me poser de questions.
Après un (assez long) concert, pas de doutes : cette musique est réjouissante. Reggie Washington est un bassiste américain, aujourd’hui domicilié à Bruxelles, ce qui nous donne la chance de le voir dans des petites salles, pour peu de sous, alors même que sa réputation est internationale. Avec lui sur scène, pour interpréter son nouveau projet « Rainbow Shadow vol 2 » (enregistré chez Jammin’colorS), un batteur (Patrick Dorcéan), un guitariste (Marvin Sewell sur l’album, qui n’était pas présent lors de ce concert) et DJ Grazzhoppa aux platines.

 
Quel bonheur de faire se rencontrer les genres et les cultures ! Quelle réjouissance, lorsqu’un DJ de grand talent nous offre, après trois grands musiciens, un solo, lui aussi ! Et ce malgré les regards un peu sceptiques des auditeurs, les applaudissements plus timides, les cris absents. Pourtant, sur scène, DJ Grazzhoppa m’a vraiment bluffé – j’ai adoré le voir interagir avec le guitariste, avec la même énergie qui pousse n’importe quels musiciens à se sourire et se héler d’un bout à l’autre de la scène, lorsqu’ils jouent. De plus, j’ai trouvé que les scratchs avaient parfaitement leur place dans ce concert, que cette fusion était plus que réussie. Tout d’abord, parce que les DJ HipHop ont toujours été de grands amateurs de jazz, et que l’on retrouve énormément de classiques et de références dans tous les samples de la culture Hip Hop. Mais il y aussi quelque chose dans le scratch, qui me fait penser au jazz – sans que je puisse en parler avec des termes réellement techniques et précis. Il s’agit de cette rythmique, cette construction, parfaitement calée et millimétrée pour le musicien, lors d’improvisations, mais qui parvient, à mes oreilles d’auditrice nouvelle de jazz, complètement déstructurée. Des a coups, des silences trop longs, puis une avalanche de notes à ne plus savoir quoi en faire. En jouant avec sa table de mixage, en modifiant en live les sonorités de ses propres platines, en s’amusant à transformer et déconstruire la voix de Reggie, mais aussi en décidant soudainement de faire passer tout le son dans les enceintes de droite… Puis dans les enceintes de gauche… Puis de droite… Tout en scratchant la guitare de Marvin Sewell, et la voix de Reggie Washington… En faisant tout cela et bien plus encore, les platines se fondent complètement au cœur de la musique et rajoutent au caractère organique du jazz, des touches électriques, métalliques, modernes.

 

« Ma musique est un mix musical sain, qui rend hommage aux ancêtres, et explore notre art en voyageant le long de routes nouvelles, afin d’aider à construire un chemin pour le futur. Pour moi, la musique se doit d’évoluer et je pense que je suis parmi ce petit groupe de musiciens et d’artistes aptes et dédiés à garder la musique vivante et forte. Je suis déterminé à apporter plus de bonheur à travers la musique, et à partager ce bonheur au reste du monde. » Reggie Washington

 

 

Je ne suis pas bien au fait des codes du jazz, je ne suis jamais vraiment sûre de comment l’apprécier ni l’écouter mais ce dont je suis sûre, c’est que Reggie Washington a un groove incroyable, et finalement, si facile à apprécier et à suivre ! Les musiques de cet album sont signées feu Jef Lee Johnson, grand guitariste de jazz et blues, ami de Reggie Washington. A travers ce projet, ce dernier veut rendre hommage à ce guitariste, tout en continuant à faire vivre ses musiques, à les faire connaître et apprécier. Lors du concert, je me suis penchée vers l’ami qui m’accompagnait pour lui demander « Mais comment on sait que c’est du jazz ? » Des rythmiques parfois plus classiques et énergiques me donnaient l’impression d’écouter du rock, que les effets des platines et de la guitare rendaient psychédélique et tournoyant. Certains morceaux s’approchaient plus du hip-hop que du jazz. D’autres encore, avaient la douceur et la sensualité de la soul, portée par la voix traînante et profonde de Washington. « C’est une bonne question », m’avait répondu mon ami. Dans le cas de ces quelques premiers morceaux, il n’était pas sûr de la réponse à me donner.
Serait-ce la liberté des artistes ? La présence d’improvisations ? Simplement les gammes utilisées ? Le groove ?
Je pense que je m’en moque un peu ; ce concert de Reggie Washington fut une expérience réjouissante aux variations et aux énergies surprenantes. Ma seule frustration est finalement d’être restée assise !

 

Pour acheter l’album ou en écouter des extraits, c’est par ici : https://reggiewashington-official.com/album/rainbow-shadow2/

Rédacteur: Louise


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