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Orelsan – La fête est finie

6 ans qu’Orelsan n’avait pas sorti un album solo, et putain 6 ans c’est long ! Mais durant cette période le rappeur caennais n’a pas chômé avec un film, la B.O de ce film, l’album des Casseurs Flowteurs et le programme court Bloqués. Avec La fête est finie Orel termine sa trilogie entamée avec Perdu d’avance et nous livre un album plus musical et plus profond.

Ce qui caractérise le plus Orelsan c’est son sens de la formule, quand on demande à quelqu’un ce qu’il apprécie chez lui il va vous répondre dans la majorité des cas que « ça lui parle ». Cependant même si on retrouve des thématiques similaires entre chacuns de ces projets on ressent clairement un changement dans sa gamberge et sa vision des choses, ce qui lui permet d’évoluer avec son public et de nous sortir des albums bien différents les uns des autres.

Dans Perdu d’avance on est clairement dans la thématique du mec un peu looser, éternel ado qui refuse de grandir et qui souhaite entre autre d’avoir un peu de reconnaissance. Dans Le Chant des Sirènes on sent qu’il est arrivé au stade qu’il visait dans le premier album, qu’il veut pouvoir « changer le monde » mais que tout n’est pas comme il le pensait, qu’il doit dealer avec les difficultés liées au « monde adulte » et à la notoriété qui lui apportent plus de négatif que de positif. Là dans ce troisième opus on sent le mec un peu désabusé qui a fait le tour de la chose et qui revient à l’essentiel, on peut clairement le comprendre avec des phases comme « On était censé changer les choses, depuis quand les choses nous ont changés? » ou « Un jour tu réalise enfin un d’tes fantasme et tu ressens comme un vide parce qu’en fait t’as trouvé ça naze ».

J’aime beaucoup le parallèle que Yerim Sar a fait dans Nofun avec la trilogie d’Edgar Wright : Shawn of the Dead, Hot Fuzz, le dernier Pub avant la fin du monde ».

Côté musical on sent de grooooos changements, Orel chante de plus en plus et l’album est super bien mixé un peu comme une B.O de film. Cette évolution découle très certainement de ces différents projets des 6 dernières années et notamment son film Comment c’est loin. A la prod’ on retrouve comme d’hab Skread qui élargit de plus en plus sa palette d’instrus et qui évolue en même temps qu’Orel. C’est pour moi impossible de dissocier l’évolution des deux. On retrouve également Stromae (et ça fait zizir) qui signe la prod’ de La pluie (ou il est en feat.) et l’extraordinaire Tout va bien qui est un de mes morceaux préférés du projet. On aperçoit également Phazz qui a signé le dernier album de Jorrdee.

Autre changement majeur c’est le fil conducteur, ce qui en fait sûrement son album le plus abouti. Tout le long de l’album on est entre son rapport au succès, ses origines sociales et son évolution en tant qu’homme et on retrouve ces 3 thématiques tout au long du projet. Alors que dans ses 2 premiers albums même si ces thématiques étaient présentes il y avait plein de morceaux qui ne se ressemblait pas au niveau des thèmes avec toujours 2-3 tracks basés uniquement sur la punchline et la dérision. Y a encore ça sur les morceaux Christophe, Bonne Meuf ou Basique mais son propos sert quand même le fil rouge de l’album.

Niveau collab’ petite surprise de ne pas voir Gringe mais bon avec 2 albums communs ces dernières années on s’en passe tranquille. On retrouve Gims sur le morceau Christophe où on a d’un côté un Orelsan qui dit faire de la musique de noir et un Meugui qui parle de faire de la musique pour les blancs et sa phase qui va devenir mythique « J’suis l’pont entre Young Thug et Georges Moustaki ». Aux refrains on a donc Stromae sur La pluie et les soeurs d’Ibeyi sur Notes pour trop tard qui est un de mes morceaux préférés. Et le feat le plus attendu de l’album avec Nekfeu et Dizzee Rascal qui est très bon avec un Dizzee qui rafale tout à la fin et j’ai adoré la manière dont il est amené car à la fin de son couplet Orel dit « Histoire de pouvoir retrouver l’même feeling, qu’à l’époque ou j’recopiais les flows de Dizzee » et le voir débarquer à la fin du morceau c’est beau putain ! Des collabs réussies même si mes morceaux préférés restent certains où il est seul.

Bref, pour conclure même si je n’ai eu qu’une semaine pour le digérer c’est sûrement mon album préféré de Raelsan. Y a peut-être que Basique que je n’ai pas trop aimé (mais vu que c’est le seul clip de sorti je vais quand même le mettre) et La lumière que je valide de plus en plus au fil des écoutes. Mention spéciale pour la fin du projet avec Dans ma ville on traineParadis (avec les accords de Gangsta Paradise) et Notes pour trop tard qui sont pour moi les points forts du projet avec Tout va bien, San et Quand est-ce que ça s’arrête.

Encore une fois Orelsan ne déçoit pas et c’est devenu une habitude quelque soit le format : musique, film, série il fait mouche. Donc même si beaucoup d’entre vous l’on sûrement déjà écouter, allez-y les yeux fermées, écoutez-le, réécoutez-le et réréécoutez-le!

Décidément cette année 2017 est incroyable pour le rap français.

 

Rédacteur: Zachalawa


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