corrigan fest

Je Suis Fils – Corrigan Fest

 

Je m’arrête sur ce morceau en particulier, mais l’oeuvre complète des punks québecquois de Corrigan Fest vaut de l’or, surtout le matin si tu as besoin d’une bonne dose de motivation pour sortir du lit (sinon tu peux contacter Anissa de OTO, elle a généralement de bons conseils musicaux pour ça). De plus chacun des sept musiciens du groupe a un super parcours, n’hésite pas à checker ça !

Le morceau « Je suis fils » est sorti en 2007 sur l’album La Victoire en chantant.

Je pense que si je m’arrête sur celui-ci, c’est pour le message qu’il porte – attention, chanson engagée – mais c’est aussi du aux conditions dans lesquelles je l’ai entendu la première fois. Au détour de notre réseau social universel, je croise la vidéo d’un chanteur de rue, qui porte, avec une voix magnifique, les paroles anarchistes et pleines d’espoir du groupe.

 

 

Bien sûr, il faut attendre la toute fin de la chanson pour déceler le message anarchiste. Avant cela, seule la notion de résignation est soulevée, à travers une problématique bien connu : celle du déserteur. Ce soldat, dont « ce n’est pas la guerre », ce « fils de paysan, fils d’ouvrier » qui refuse de « prendre les armes contre d’autres affamés ». Déserteur, mais pas uniquement. Là où la chanson est pleine d’espoir, c’est dans sa propension à faire de l’être humain quelque chose d’international. Il n’y a pas de fils d’écossais, et de fils d’irlandais, en quelque sorte, il y a un « enfant des sept nations ». Et s’il faut faire la distinction entre le fils d’irlandais, et le fils d’écossais, ce n’est pas pour autant que je ne porte pas en moi les gênes du fils d’écossais, les gênes du fils d’irlandais. Se sentir humain, comme un autre, avant de se sentir français, ou x, ou y, c’est ce que porte la chanson – ne pas appartenir à une nation « qui ne fut jamais vraiment la mienne », puisqu’elle est née « d’alliances forcées, de misères et de peine / Celle du génocide des premières nations, celle de l’esclavage et des déportations ». Ce que propose Corrigan Fest dans ce morceau, c’est de ne pas oublier que les nations se sont construites, parfois, en prônant les particularités culturelles et linguistiques de peuples, mais souvent, au détriment de ceux-ci, leur faisant oublier qu’ils sont, comme leurs frères, enfants d’une même terre. Cette unicité indivisible des hommes, c’est ce que rappelle le chanteur en refusant la guerre, et en rappelant aussi la pluralité des hommes, et de leur situation. N’oublions pas nos différences, mais qu’elles soient la force de notre unité.

Il nous montre à quel point la guerre, en tentant de nous amener à l’idée qu’il faut défendre les nôtres, nous divise des autres, ceux-là même qui sont comme nous…

Et en découle cette magnifique maxime anarchiste, « Je ne veux pas de dieu, je ne veux pas de maître » – car la problématique de l’ouvrier, face au patron, à qui la guerre profitera sans doutes plus qu’à l’ouvrier, est soulevé également. Si l’ouvrier se tient droit et fier face à son patron, c’est son combat, c’est son choix. Mais face à la guerre qui le met face à d’autres ouvriers, vivant la même chose que lui – comment ne pas refuser ? Courber l’échine face aux armes, peut-être, pour ne pas perdre la tête.

Une chanson magnifique, dont les choeurs donnent envie de se prendre bras dessus bras dessous, de renverser de la bière partout en s’époumonant avec émotion.

Moi, ça me fout des frissons. Bonne écoute.

 

Rédacteur: Louise


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