Anne Paceo

Interview Anne Paceo

« Ce retour fulgurant (…)  un pur concentré d’émotions (…) » : voici un exemple de phrases qu’il vous a été possible d’entendre et de dire si vous étiez à Bordeaux le 22 mars dernier, à l’occasion de la résidence d’Anne Paceo. Son nouvel opus Bright Shadows – sortie de l’album prévue pour janvier 2019 – n’a pas manqué d’émouvoir, de marquer le public présent à cette avant-première, et fut reçu avec beaucoup d’enthousiasme.

Après ladite performance, Anne Paceo a accepté de nous accorder un peu de son temps afin de répondre à quelques questions, que voici enfin sur vos écrans :

 

- Comment avez-vous commencé la musique? Quel parcours musical avez-vous suivi?

J’ai commencé la batterie à 10 ans. Mes parents m’ont demandé si je voulais jouer d’un instrument de musique : du violon, du piano, de la contrebasse… « Non, moi je veux jouer de la batterie ! » J’ai donc commencé au conservatoire de Niort. J’avais également un prof particulier qui me faisait jouer du Nirvana, Rage Against The Machine, Téléphone… Là ça m’a plu. Après, je suis montée à Paris avec ma famille, où une petite école de musique près de chez moi cherchait un batteur pour un atelier, et j’ai commencé comme ça.

 

- Une question que l’on doit souvent vous poser, dans votre démarche de composition, comment procédez-vous? Vous avez composé votre précédent album – Circles – entièrement, celui là aussi?

- Oui, aussi. En fait, souvent j’écris pour des gens. Je pars d’une idée, je commence la musique, puis je me demande ce que j’ai envie d’en faire : je vais donc chercher des personnes : « Qu’est-ce qu’il faudrait comme instrument? Quel type de voix? » et je développe ensuite le reste du répertoire en pensant à elles. Là par exemple j’avais deux morceaux et me suis dit que j’avais envie de travailler avec des chanteurs : j’ai trouvé Florent Mateo, Ann Shirley, et ai continué à composer en fonction d’eux.

 

- Une fois formé le groupe prend-il part aux composition, avant que le répertoire soit achevé?

- Non, je compose vraiment toute seule. Après, lorsque l’on joue les oeuvres évoluent, chacun amène des idées, ce qu’il aime.. Mais sur ce disque là je suis arrivée avec des démos beaucoup plus abouties qu’avant, des idées assez précises pour les morceaux.

 

- Est-ce que vous continuez les tournées avec votre groupe Circles? Et pour le projet Fables of Shwedagon?

- Circles arrive à la fin : on a des dates jusqu’à cet été, après je pense qu’on fera plus de l’international. Là l’idée c’est quand même de mettre en avant Bright Shadows. Circle va continuer, mais à l’étranger et moins souvent. Avec Fables on a peut-être des dates pour mars 2019, c’est en train de se monter. J’espère que ça tournera un peu, mais pas trop : on est onze donc c’est assez conséquent.

 

- Est-ce que c’est important pour vous de promouvoir la musique jazz, et notamment la façon dont elle évolue, avec le fait qu’on y inscrive toujours plus de courants musicaux?

- Pour moi le jazz est une forme d’expression, c’est une musique que j’aime parce que c’est une musique de l’instant présent, tu joues comme tu es à un instant t : ça me plait que les morceaux puissent évoluer en fonction de comment tu es. Après, c’est une musique qui a toujours été une musique de métissage depuis le départ, donc c’est important pour moi de métisser avec d’autres musiques, de prendre des influences : c’est aussi être dans son temps. En fait les barrières de style ont été imposées par les disquaires. Du coup, oui j’ai envie de promouvoir le jazz, il peut avoir une image assez « vieillotte » et j’ai envie de montrer qu’aujourd’hui il peut se faire des choses très modernes, qui se mélangent avec la musique actuelle. Puis, je défends mon univers qui est un mélange de pleins de choses finalement.

 

- Du coup, vous avez des influences musicales particulières?

- Tout ce qui me plait, me touche… Ça peut être de la pop, du rock, de la musique électronique, de la musique d’Afrique de l’Ouest, d’Inde. Au final ça ressort dans ce que je fais. 

 

- Dernière question : d’autres projets à venir?

- Oui, j’ai un trio avec un joueur de Oud. Je pense le sortir mais pas avant au moins deux ans. J’ai toujours des envies, des idées, et je suis résidente à Coutances à Jazz Sous les Pommiers donc il faut que je produise beaucoup. Et il y a plein de choses à faire !

 

Le 12 mai à Coutances dans le cadre de Jazz Sous les Pommiers, le groupe a officiellement présenté l’album. La vidéo du concert est disponible sur le site de Culture Box à l’adresse suivante : https://m.culturebox.francetvinfo.fr/musique/jazz-blues/jazz-sous-les-pommiers/anne-paceo-a-jazz-sous-les-pommiers-2018-272719.

En juin 2019 Bright Shadows se produira sur la scène de la philharmonie de Paris, d’ici là nous vous tiendrons au courant des agissements du groupe. Un immense merci à Anne Paceo et aux autres membres de la formation (Ann Shirley & Florent Mateo au chant, Pierre Perchaud à la guitare, Christophe Panzani au saxophone et Tony Paeleman aux claviers/synthés/basses) ainsi que du label Laborie Jazz pour leur accueil.

 

 

Rédacteur: Paulo


0 commentaire

Recent Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>