Igorrr

Igorrr – Savage Sinusoid

Au début de l’année, un ami à moi m’a fait une liste d’artistes à écouter. Après avoir navigué parmi les divers genre musicaux conseillés, allant de la dub au jazz en passant par l’acid core, il n’y a qu’un nom que j’ai vraiment gardé en tête : Igorrr.

Violente, piquante, acide, mais magique découverte. Indescriptible Igorrr (Gautier Serre de son vrai nom), qui brise les catégories et ne se range nulle part. Igorrr qui déchire, hache, découpe et assemble les genres préétablis. Igorrr, c’est un subtil et ingénieux mélange de death metal, de techno, de trip hop et de breakcore assaisonné de musique baroque, de valse à l’accordéon (cf Mastication Numérique), ou encore d’enregistrements sonores tous plus décalés les uns que les autres. Bref, le mec détruit tous vos codes, vous fait pleurer et rire en même temps, sans que vous sachiez pourquoi ni comment.

Vous voilà plongé dans un monde sombre et violent, où l’on ne peut se raccrocher à rien de ce que l’on connaissait, un monde aux titres étranges, parfumés de folie : Oesophage de Tourterelle, Grosse Barbe, Vegetable Soup, Dieu Est Il Un Être ou encore Lullaby for a fat Jellyfish.

Igorrr ça parle à ton inconscient, à ton corps, à tes tripes. Tu ne comprends pas d’où surgit l’harmonie, mais pourtant elle est là, au milieu des hachures et de la violence, entrecoupés de « je suis dans la salle de bain et je me brosse les sourcils » ou de « ce quelque chose est justement le caca » puis d’instants de repos, où tu peux (enfin) reprendre ton souffle, pour repartir de plus belle. Tout est surprise, rien n’est prévisible, et tu ne sais jamais ce qui va t’arriver la seconde suivante ; c’est d’ailleurs sûrement ce qui donne sa puissance à chacun des morceaux de l’artiste strasbourgeois.

Igorrr, c’est l’art de tout détruire, puis de jeter les ruines dans tous les sens pour qu’au final, l’ensemble tienne en équilibre et forme un merveilleux palais. C’est l’harmonie dans le chaos, l’alchimie dans la tempête, la perfection dans le désastre.

Alors même si ça ne te semble pas être ton style, va jeter un coup d’œil, tu n’as sûrement jamais rien entendu de comparable. C’est une expérience à vivre une fois, ça ne peut être qu’enrichissant. Pour l’instant, on attend avec impatience le prochain album, Savage Sinusoid, qui sort mi-juin et dont ieuD est le premier extrait.

Rédacteur: Lilith


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